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Mode
de management
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Dans
certaines entreprises, placard, pression voire terreur,
est une façon de gérer le personnel.
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une banque de l'ouest, le sujet est sorti du tabou.
En accord avec la direction, le syndicat CFDT a fait
appel à l'agence nationale pour l'amélioration des
conditions de travail. |
Grosse
entreprise, PME familiale, administration, grand groupe
industriel: personne n'est à (abri du harcèlement
moral. Les exemples viennent aussi bien du public
que du privé. Plus (organisation d'une entreprise
est rigide, plus elle génère des tensions avec la
hiérarchie, plus le harcèlement peut devenir un mode
de gestion du personnel. Dans le public, le phénomène
revêt des formes particulières, conséquences de l'emploi
à vie. Comme le licenciement est de l'ordre de l'impossible,
il est tentant de se débarrasser de quelqu'un en lui
pourrissant la vie.
"Dans la fonction publique les mécanismes de persécution
sont plus longs, plus installés, observe Françoise
Pagano, présidente l'association à Arles. Le harcèlement
s'inscrit dans la durée, avec comme point culminant
la mise au placard." Mairies, maisons de retraite,
hôpitaux, conseils régionaux ou généraux, Education
nationale, la majorité des adhérents de l'association
des victimes d'Arles viennent du public ou du parapublic.
Ces constats n'ont pas de valeur statistique mais
soulignent le particularisme du secteur. "Quand une
mairie change de bord politique, rien de tel que des
mises au placard pour évincer les indésirables de
l'ancienne équipe", souligne un employé. Dans un hôpital
de Bretagne, une infirmière-chef fait régner la terreur
dans son service depuis des années. La chose est connue,
mais cette femme est protégée par là direction et
par son statut de fonctionnaire. "C'est moi qui tiens
les rênes", dit-elle. Ses collègues n'ont plus qu'à
attendre son départ en retraite dans deux ans.
Dans le privé, le mal est plus sournois, enfoui dans
la crainte de perdre son emploi. Les salariés ont
peur de parler, préférant souffrir en silence ou partir.
Les mots stress et harcèlement font frémir les directions.
Le sujet est tabou, peu d'entreprises osent s'en emparer.
Dans l'ouest de la France, un établissement bancaire
a commencé à débroussailler le terrain grâce à l'intervention
du syndicat majoritaire, la CFDT. Dans cette entreprise,
où le dialogue est une valeur bien partagée, tout
a basculé l'an dernier avec le suicide rapproché de
cinq salariés.
"Le jour où nous avons appris le cinquième suicide,
le journal local a publié un article sur le livre
d'Hirigoyen, raconte Marc, secrétaire du comité d'entreprise.
Nous l'avons lu et découvert des rapprochements surprenants.
Certes, ces suicides ont des causes multiples, mais
nous pouvions tracer quelques liens. Nous avons fait
appel à des spécialistes. "En accord avec la direction,
la CFDT a contacté l'Anact (Agence nationale pour
l'amélioration des conditions de travail). "Comme
partout, il y a une forte pression chez nous, explique
Pierre, de la CFDT. Mais nous sommes une entreprise
très hiérarchisée. A chaque fois que l'ordre descend
d'un échelon, la pression augmente. Le dernier en
bas de l'échelle est totalement pressé. C'est sur
ce terreau que naît le harcèlement moral. " Une enquête
sur le mal-être au travail doit être menée à l'échelle
de l'entreprise. |
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