| Un
« choc émotionnel » provoqué
par une algarade est un accident du travail |
La
cour d'appel de Versailles a jugé le 20 mars
dernier que la Caisse primaire d'assurance-maladie
des Yvelines (CPAM) doit prendre en charge au titre
d'« accident du travail » le malaise
d'une employée victime d'un « choc
émotionnel » après une «
violente algarade » par téléphone
de sa supérieure hiérarchique, a-t-on
appris hier. Cet arrêt - une première
- confirme le jugement de première instance
du tribunal des affaires de
sécurité sociale de Versailles du
21 janvier 1999. « Cela ouvre la possibilité
aux organismes sociaux de se retourner directement
contre ces employeurs et autres responsables harceleurs
», a indiqué hier Me Philippe Ravisy,
avocat de l'employée.
Jacqueline Viard, agent enquêteur à
la Caisse régionale d'assurance maladie d'lÏe-de-France,
avait été prise d'un malaise au centre
de Sécurité sociale d'Elancourt
(Yvelines) le 20 novembre 1996, immédiatement
après avoir reçu un appel téléphonique
de sa supérieure hiérarchique lui
« faisant de violents reproches » au
sujet d'un dossier.
« La violence du ton employé, les termes
utilisés, la durée des reproches (un
quart d'heure) furent tels » que Mme Viard
« en ressentit un choc violent, se trouva
dans l'impossibilité de répondre,
et se mit à pleurer », selon les témoignages
et déclarations recueillis à l'audience.
La victime dut cesser son activité pendant
plusieurs semaines.
La CPAM des Yvelines avait refusé de reconnaître
le caractère professionnel de l'accident
du 20 novembre. Elle contestait la « matérialité
du fait accidentel » et sollicitait une expertise
médicale pour « déterminer un
éventuel état pathologique persistant
», qui, selon elle, serait la « cause
exclusive des troubles constatés ».
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