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LE TRIBUNAL des affaires de
sécurité sociale d'Épinal a rendu
hier un jugement qui pourrait faire jurisprudence
en reconnaissant la « faute inexcusable »
de l'employeur d'une femme de ménage qui avait
tenté de se suicider, s'estimant victime de
harcèlement moral. Chantal Rousseaux, habitant
Epinal, est devenue paraplégique après
avoir sauté en août 1996 du 3e étage
de l'institution Notre-Dame, établissement
scolaire privé, où elle travaillait, à
la suite de nombreuses brimades de sa chef de service.
« Le tribunal a reconnu que
la direction de l'institution était au courant
des agissements de la chef de service, mais qu'elle
n'a rien tenté pour frire cesser ces agissements
qui ont conduit à la tentative de suicide »,
a expliqué René L'Homme, secrétaire
général de la Fédération nationale
des accidentés du travail et handicapés
(Fnath) des Vosges, qui représentait Mme Rousseaux
« Il s'agit d'une première
nationale en matière de harcèlement moral,
qui va faire jurisprudence, assure-t-il, d'habitude,
la faute inexcusable correspond par exemple à
un accident avec une machine qui n'est pas aux normes
de sécurité. Mais ici, nous sommes dans
le domaine humain. »
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