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Dépêche AFP du 12/04/2002
 
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Harcèlement moral: les Prud'hommes donnent raison à une salariée de la
CRAM

ROUEN, 12 avr (AFP)

Une salariée de la Caisse régionale d'assurance maladie (CRAM) de Normandie s'estimant victime de harcèlement moral a obtenu gain de
cause après la condamnation à une amende de 45.700 EUR du service médical de la CRAM par le conseil des prud'hommes de Rouen.

Cette salariée, âgée de 47 ans, devenue gravement malade et qui ne souhaite
pas que son identité soit révélée, s'était vu refuser plusieurs demandes de
mutation et de formation, en dépit des accords prévus par la convention
collective de son entreprise.

La CFDT a salué "cette victoire" qui, souligne cependant le syndicat,
"n'efface en rien les années d'humiliation qui seront longues, très longues à
effacer et laisseront des traces indélébiles".

Depuis janvier dernier, les salariés s'estimant victimes de harcèlement moral
au travail peuvent se prévaloir de plusieurs dispositions de la loi sur la
modernisation sociale pour se retourner contre leurs harceleurs.

La plaignante, qui occupait un poste de cadre à la Caisse primaire
d'assurance maladie (CPAM) de Metz, où elle était entrée en 1987, avait
accepté un poste de niveau inférieur au service médical de Rouen, après avoir
demandé sa mutation dans le cadre d'un rapprochement avec son conjoint.

Mutée en septembre 1993 sur un poste de secrétaire, la salariée, qui n'avait
jamais obtenu une notation inférieure à 19 sur 20 de 1987 à 1992, n'avait pu,
malgré ses demandes successives sur plusieurs années et l'ouverture de
nombreux postes, bénéficier d'un poste ou d'une formation auquel la
convention collective lui ouvrait droit.

La plaignante était à nouveau mutée en février 98, sans consultation
préalable, au service du contrôle dentaire, puis à l'accueil, "avec menace de
licenciement en cas de refus", ce qui "de l'avis général constitue une
rétrogradation" note le Conseil.

Elle tombait finalement en dépression, une affection de longue durée reconnue
par la CPAM en octobre 2000, avant de saisir le Conseil des prud'hommes en
février 2001.

L'organisme social a décidé de faire appel afin d'obtenir l'annulation du
jugement et faire suspendre son exécution provisoire de droit, a indiqué à
l'AFP Me Joël Cisterne, avocat de la CRAM. Outre les dommages et intérêts,
les prud'hommes ont ordonné la résiliation du contrat de travail de la
plaignante aux torts de l'employeur.

Me Cisterne a également regretté la composition de la juridiction prud'homale
où selon lui siégeait un juge ayant eu un conflit avec le service médical de
la caisse, et le fait qu'"aucune justification fournie par le contrôle
médical n'ait été prise en considération" par les juges prud'homaux.

 

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