| MONTPELLIER,
7 juin (AFP) |
Le climat
à la chambre régionale de commerce
et
d'industrie de Montpellier (CRCI) est pourri depuis
six mois par les
accusations mutuelles de harcèlement moral
entre la directrice générale et la
majorité des salariés.
Une quinzaine
des 24 employés ont débrayé
vendredi matin pour obtenir du président
Jacques Talmier qu'il ouvre le dialogue qui résoudrait
le conflit.
Ils réclament
aussi la réintégration des deux délégués
syndicaux et des deux représentants du personnel
suspendus "à titre conservatoire"
le 21 mai pour avoir "bafoué des règles
essentielles au fonctionnement et à l'image
de la CRCI".
Mi-mai, Maria
Correa Sotomayor, directrice générale
depuis 1997, a porté plainte devant le tribunal
correctionnel de Montpellier pour "harcèlement
moral" contre les quatre salariés mis
à pied qu'elle estime responsables d'une
"campagne de dénigrement" à
son égard.
En novembre,
un collectif de 29 personnes (salariés, retraités
de la CRCI, membres de leur famille) a adressé
au ministère de l'Industrie, tutelle des
chambres de commerce, un rapport comprenant 19 témoignages
dénonçant le harcèlement pratiqué,
selon eux, par la cible de leur courroux depuis
son
recrutement.
Outre les "insinuations
malveillantes", "insultes, humiliations",
"surcharge de travail" et autres "abus
de procédures", les attestations la
mettent en cause pour la multiplication des arrêts
de travail de longue durée depuis 1997, les
"dépressions", "crises de
psoriasis" et "troubles auditifs",
voire un cancer et un arrêt cardiaque ayant
entraîné le décès d'un
des salariés.
Pour Me Jean-Robert
Phung, l'avocat de Mme Sotomayor, celle-ci s'est
juste rendue coupable d'avoir rempli sa mission:
redresser la situation financière et redynamiser
une institution en perte de vitesse.
"En imposant
une nouvelle rigueur dans la gestion notamment des
notes de frais et des emplois du temps, elle a bouleversé
les bonnes vieilles habitudes d'une minorité,
mais entretient d'excellents rapports avec tous
les autres", explique Me Phung qui dénonce
une "véritable stratégie stalinienne
affectant terriblement" sa cliente.
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