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Capital janvier 2003 |
La loi de modernisation sociale votée en
janvier 2002 reconnaît le harcèlement
moral comme un délit, passible au maximum
de 15 000 euros d'amende et d'un an de prison. Les
salariés peuvent en outre avoir recours aux
prud'hommes pour attaquer leur entreprise et demander
de substantiels dommages et intérêts
pour le préjudice subi. Jacques Bourquencier,
chef de greffe adjoint au Conseil de Prud'hommes
de Paris, explique que " la quasi-totalité
des salariés qui contestent aujourd'hui leur
licenciement affirment qu'ils ont aussi été
harcelés ". Certaines failles et incohérences
de la loi de janvier conduisent à des abus.
En effet, la définition officielle du harcèlement
est floue et totalement subjective : n'importe quel
agissement répété d'un supérieur
ou d'un collègue susceptible de toucher la
dignité d'une personne, de compromettre sa
santé ou son avenir professionnel peut être
condamné, souligne Capital. Aussi, les managers
et responsables doivent savoir ne pas dépasser
la limite dans leur relation avec leurs collaborateurs.
En effet, une critique un peu trop vive, des refus
répétés de promouvoir ou une
charge de travail jugée excessive, peuvent
désormais mener l'entreprise droit au tribunal
ou aux prud'hommes. De nombreux cadres suspectés
à tort ou à raison de harcèlement
ont à leur décharge le fait d'être
eux-mêmes continuellement sous pression en
raison des 35 heures, la réduction des embauches
et les objectifs à tenir. Sylvain Niel, avocat
au cabinet Fidal, souligne cependant que "
les cadres ont un pouvoir de direction légitime.
L'important est qu'aucune décision ne soit
prise avec l'intention de nuire à un salarié
". Pour éviter toutes accusations de
harcèlement dues à des situations
de flottement dans le management, il faut au maximum
expliquer les décisions et les ordres donnés.
Il ne faut pas par ailleurs donner de jugements
subjectifs ou personnels. Parmi les attitudes condamnées
par la loi de janvier figurent : s'acharner sur
un seul salarié en lui mettant la pression,
se moquer régulièrement d'un employé
devant ses collègues sur son travail ou un
détail de son physique, traiter de bon à
rien un collaborateur et multiplier les propos humiliants,
refuser une augmentation ou une formation de façon
systématique et sans justification...
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