Harcèlement Moral Stop

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La Gazette des Communes (27 Novembre 2000)

Harcèlement moral : Il faut parler !

Un nouveau témoignage sur le harcèlement moral. Son auteur, qui a demandé l'anonymat explique comment, en l'espace de quelques mois, sa situation quotidienne est devenue un enfer.

Mme X (la responsable du service que vient d'intégrer l'auteur de ce témoignage) m'a accueillie par ces mots : "Je n'ai pas de temps à vous consacrer, pas plus que mon adjointe". D'entrée, j'ai dû me familiariser rapidement, et ce de ma propre initiative, avec les nombreux dossiers en cours. (...) Mme X me déclarait même, dans le courant de ma première année d'exercice, "apprécier mon sens de l'initiative et ma bonne humeur".

Malheureusement, cela ne dura pas, je recevais de son adjointe des instructions trop souvent évasives concernant mes tâches. De plus, il m'était souvent demandé de réaliser, en urgence, des travaux pour le compte de Mme X, laquelle ne manquait jamais de m'en reprocher les résultats. Elle déclarait notamment, devant témoins, "que j'étais bornée, inapte à réaliser des tâches pourtant faciles". Je prenais naturellement le parti de me défendre, car je n'étais nullement responsable des erreurs de ma hiérarchie en matière de transmission d'informations. Déjà, Mme X faisait preuve d'acharnement à mon encontre, allant jusqu'à prétendre que je ne comprenais pas ses directives.

Partager le bureau avec une autre personne, cachée derrière un paravent

Il est à noter qu'une certaine pression s'était installée avec l'arrivée d'un directeur, Mr Y, et d'une secrétaire de direction, à qui étaient confiés des pouvoirs exorbitants, notamment en matière de contrôle du personnel. (...)

Le déménagement de la direction vers un autre site est survenu près de deux ans après mon arrivée. Cet événement n'a pas mis un terme aux vexations. A cette occasion, la chef de service m'a convoquée pour m'informer du fait que je devais dorénavant partager un bureau avec une future secrétaire, derrière un paravent, alors même qu'une seconde secrétaire devait bénéficier d'un bureau personnel. Or, mes fonctions m'obligeaient à recevoir du public, et nécessitaient donc un minimum d'intimité. Je m'en suis plainte auprès du directeur, qui m'a alors déclaré : "Si cela ne vous plaît pas, la porte est grande ouverte". Face à cette évidente discrimination, certains cadres supérieurs se sont montrés solidaires, en particulier le jour même de l'emménagement dans nos nouveaux locaux. Finalement, cette pression a contraint le directeur à m'attribuer un bureau privatif. C'était toutefois sans compter sur la réaction de Mme X, vexée d'être déjugée par sa hiérarchie. Dès lors, elle refusait de me saluer, me lançait des regards inquisiteurs, exprimant ainsi sa volonté de vouloir en découdre. C'est à cette occasion que les hostilités ont été définitivement lancées. Celles-ci devaient aller crescendo. (...)

Un matin, l'adjointe de Mme X, en proie à l'énervement m'a demandé de lui rechercher un dossier en archives. Je me suis exécutée, mais, à ma grande surprise, en le déposant sur son bureau, celle-ci m'a déclaré qu'elle n'en voulait plus, me laissant sans voix. Sans aucune explication, elle s'est levée brusquement, s'est remise à m'injurier puis m'a molestée jusque dans le couloir. J'étais effondrée, en larmes. Je me suis rendue à la médecine préventive puis, plus tard, au commissariat de mon domicile, afin de déposer une main courante. Cette douloureuse affaire m'a obligée à demander un arrêt maladie prolongé. (...)

Mes supérieurs hiérarchiques se sont aussi vengés à travers la procédure de notation. Ils m'ont affublée d'appréciations négatives, et se sont opposés à ma promotion au grade d'attaché. J'ai alors saisi la commission administrative paritaire, qui a annulé ces appréciations défavorables, invalidées d'ailleurs par mon dossier administratif.

(...) Aujourd'hui, je peux légitimement parler de harcèlement moral perpétré par mes supérieurs, et ce, depuis près de trois ans.

J'ai sollicité des entretiens auprès de la direction du personnel. Je précise avoir été écoutée par celle-ci, mais non entendue. Aucune solution acceptable ne m'a en effet été proposée. Malheureusement, la vérité dérangeait. Les responsables ont choisi de ne pas prendre leurs responsabilités. À deux reprises, une responsable du service du personnel a fait preuve d'agressivité à mon égard. Elle sous-entendait notamment que j'étais responsable de cette situation, et que je devais donc consentir des efforts. Cette responsable m'a alors proposé un nouveau poste, mais celui-ci correspondait à une mise au placard. Récemment, elle m'a de plus déclaré : "Avec le passif que vous avez, je ne vous confierai aucun poste d'encadrement ou de responsabilités". Et pourtant, j'ai assumé ce type de poste avec succès.

Contacter une association

Je viens m'adresser aux victimes de tels harcèlements afin de les convaincre de rendre public leurs expériences, et de trouver un soutien moral efficace auprès de personnes de confiance.

À ce titre, il vous est possible de contacter l'association "Harcèlement Moral Stop", domiciliée au 11, rue des Laboureurs, 94 150 Rungis, présidée par M. Loïc SCOARNEC.

Il convient de ne pas douter de vos compétences, et surtout de conserver votre dignité.

 

Site officiel de l'association de type loi 1901 : HMS - Harcèlement Moral Stop