Harcèlement Moral Stop

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Le Canard Enchainé (1er Octobre 2003)

Carrefour ne positive plus.

"Vexations, instructions contradictoires, surcharge de travail... tout est bon chez Carrefour pour réduire en douceur les effectifs sans recourir à des plans sociaux plus spectaculaires qui créeraient une publicité tapageuse". C'est du moins ce qu'affirment les syndicats.

En 2002, le groupe n'a, dans ses hypermarchés français, procédé à aucun licenciement économique. Mais les effectifs moyens de cadres ont diminué de 329 personnes, soit 1,8 cadre de moins en moyenne. C'est ce qui ressort, en tout cas, d'une étude d'un cabinet indépendant, commandée par le comité d'entreprise de la boîte et que Le Canard Enchainé s'est procurée. Des chiffres contestés par la direction, qui met en avant le transfert de certains cadres vers d'autres structures du groupe. Toujours d'après cette étude, "la progression des résultats s'est faite sur la gestion : amélioration des marges et réduction des coûts d'exploitation". Parmi les recettes pour parvenir à ce résultat, la diminution de la masse salariale, quelque 2 % en 2002. Un chiffre qui, selon la direction du groupe, s'explique simplement "par l'évolution des taux de change en Amérique latine, où travaillent 20 % des effectifs du groupe".

Autant de déclarations apaisantes du géant de la distribution, un peu démenties par l'épidémie de plaintes des salariés pour "harcèlement moral". Près d'une centaine ont été déposées aux prud'hommes. Ainsi à Athis-Mons et à L'Haÿ-les-Roses, six cadres attendent le jugement prévu pour le 22 octobre. Tous bien notés pendant des années, ces salariés ont été soudain accusés d'incompétence par leurs patrons. En 2001 et 2002, le médecin du travail d'Athis-Mons avait noté dans ses rapports que "des méthodes de management contraires à la dignité de l'homme" étaient utilisées. Ce sont, de surcroît, plusieurs plaintes au pénal qui ont été déposées, mais qui n'ont pas encore été jugées, se défend-on chez Carrefour. À Maubeuge, l'une d'entre elles émane du médecin du travail en personne. L'ambiance est tellement joyeuse que le directeur de l'établissement a même été placé en garde à vue... En région parisienne, un cadre évoque "des journées de quinze à seize heures"... D'autres, dans le sud de la France, racontent comment, au nom d'une "clause de mobilité", on leur propose d'émigrer dans le Nord pour les virer après deux refus de leur part.

Après tout, beaucoup de patrons de la grande distribution sont résidents en Belgique pour des raisons fiscales. Est-ce qu'ils se plaignent, eux ?

 

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