Harcèlement Moral Stop

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Maxi #1133 (20 Juillet 2008)

Débat : Une de vos collègues est victime de harcèlement ? Voici comment l’aider sans vous mettre en danger !

Que faire quand une de vos collègues subit les brimades du reste de l’équipe ou de son chef  ? Comment pouvez-vous la soutenir sans vous mettre vous-même en danger ?

Votre patron est sans arrêt sur le dos dune de vos collègues ? Il lui fait des remarques blessantes, il la rabaisse devant vous ? Au travail, le plus souvent, le harcèlement est le fait d’un supérieur hiérarchique. Mais cela se produit aussi entre collègues ! Ainsi, peut-être avez-vous remarqué que des membres de votre équipe ridiculisent toujours la même personne. Il est alors difficile de savoir comment réagir. Moralement, on sait que la situation est injuste, qu’il faudrait réagir, alerter les autres employés, montrer qu’on n’est pas d’accord, avertir la direction pour arrêter le harcèlement. Mais, par peur de perdre son emploi, par crainte de représailles ou juste pour ne pas se mettre les collègues à dos, beaucoup préfèrent se taire et ne rien faire.
La loi pourtant, nous impose de signaler ce type de pratique, sous peine d’être poursuivi pour non-assistance à personne en danger ou pire, d’être jugé comme complice.
Encore faut-il savoir quoi faire et à qui s’adresser ! Vous pouvez d’abord demander à votre direction de convoquer le ou les harceleurs. Si rien n’est fait ou si c’est insuffisant, vous pouvez faire appel à un médiateur, qui tentera de trouver une solution et, en dernier recours, vous pouvez porter plainte pour le(s) bourreau(x) soi(en)t condamné(s). C’est à chacun de vois en fonction de sa situation.

Annie, 58 ans, ancienne commerciale : « J’ai été abandonnée par mes collègues »

Il y a trois ans, une nouvelle responsable est arrivée au bureau et travailler est devenu un enfer. Dès les premiers jours, elle a surveillé mes moindres faits et gestes : si j’arrivais à l’heure, si je ne déjeunais pas trop longtemps... Elle m’a aussi supprimé la voiture de fonction et le portable que j’utilisais pour démarcher mes clients, sous prétexte de difficultés budgétaires. Mon travail se réduisait à passer des coups de fil aux clients depuis le bureau, je n’allais plus sur le terrain…
Rien à voir avec ce que je faisais avant !
Pire, elle a commencé à m’humilier, à multiplier les remarques blessantes : Vous n’êtes bonne à rien ; Vous êtes vraiment une piètre commerciale ; etc. Et ce, aussi bien devant mon chef que mes deux collègues.
Pourtant, personne n’a jamais réagi. J’ai bien tenté d’en parler avec mon chef, mais il a dit n’avoir rien remarqué. Même refrain de mes deux collègues. On travaillait pourtant dans le même bureau : elles avaient forcément entendu la responsable. Mais elles disaient que la nouvelle chef plaisantait. Selon elles, je ne savais pas rire, j’avais mauvais caractère ! Puis, pour obéir à la responsable, elles ne m’ont plus adressé la parole. J’étais devenue une pestiférée ! Je comprenais d’autant moins que nous avions de bonnes relations ! On déjeunait ensemble, on parlait de nos enfants, etc. C’était très dur à supporter. J’étais non seulement victime de harcèlement, mais aussi abandonnée par mes collègues, alors que j’avais tant besoin de leur soutien ! Si elles étaient intervenues ou avaient confirmé mes dires, tout se serait arrêté. Au lieu de ça, j’ai commencé à perdre confiance en moi, à douter de mes capacités, bref à croire tout ce que ma responsable disait !
Le matin, j’allais au travail la peur au ventre, me demandant quelles brimades j’allais encore encaisser.
J’ai craqué deux mois plus tard, lors de la visite à la médecine du travail. J’ai éclaté en sanglots. Le médecin m’a recommandé d’en parler à un inspecteur du travail et de prendre un avocat. Ceux-ci m’ont conseillé de noter tous les faits, tous les mots blessants de ma responsable, pour apporter des preuves et porter plainte. Leur soutien, celui de ma fille et de quelques amis m’a permis de reprendre confiance en moi.
Je me suis battue et la justice a condamné ma responsable à deux mois de prison avec sursis et une amende de 3 000 euros.

Martine, 42 ans, responsable administratif : « Je l’ai soutenue, j’ai témoigné pour elle ! »

En début d’année, je me suis aperçue qu’une de mes collègues n’allait pas bien. Elle enchaînait les congés maladie, semblait abattue, elle si joyeuse auparavant.
Et, comme nous ne travaillons pas dans le même service, difficile de savoir pourquoi ! J’ai donc tenté de me rapprocher d’elle, en l’invitant à déjeuner, à prendre un café.
Peu à peu, elle s’est confiée : son chef la harcelait. Il lui envoyait chaque jour une centaine de messages à caractère sexuel sur son portable, l’appelait le soir chez elle... Rien que l’idée qu’il l’attende un soir à la sortie du travail et l’agresse sexuellement la terrifiait !
Je lui ai dit qu’elle pouvait compter sur moi, que j’allais la soutenir ! Je pensais que si j’étais à ses côtés, elle serait plus forte pour entamer des démarches. Car j’avais lu des articles sur le sujet, je savais qu’elle pouvait porter plainte. Elle hésitait, elle avait peur qu’on ne la croit pas et de perdre son travail. Je lui ai alors proposé d’aller moi-même discuter avec cet homme pour qu’il cesse de la harceler. Elle trouvait cela risqué. Mais je ne pouvais pas le laisser continuer, jusqu’ou aurait il été ? Hélais, cela n’a servi à rien. L’homme m’a ri au nez. Selon lui, elle avait tout inventé ! Une semaine plus tard, il recommençait ! Ma collègue était à bout...
Devant sa détresse, j’ai décidé d’avertir la hiérarchie pour qu’elle convoque cet homme. J’ai demandé un entretien au directeur. Je lui ai expliqué la situation, en lui faisant écouter les messages enregistrés sur le téléphone portable de ma collègue. Le lendemain, il convoquait le chef pour le sanctionner.
De mon côté, je savais qu’il pouvait être condamné en justice. Pour cela, ma collègue devait porter plainte. Déterminée, j’ai finalement réussi à la convaincre : je l’ai accompagnée à la gendarmerie pour porter plainte. Chacune de notre côté, nous avons fait une déposition. L’enquête est en cours, le procès aura lieu à la rentrée. Comme je l’ai promis à ma collègue, j’irai témoigner à ses côtés.

 

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