Harcèlement Moral Stop

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Closer #227 (23 octobre 2009)

C'est mon histoire...

Anne, 58 ans : « harcelée au travail, je me demande si je dois tenir le coup ou lâcher prise »

Après trente sept ans de bons et loyaux services en tant qu’infirmière, mon directeur m’a convoquée sans motif pour m’annoncer que j’étais mutée à la gestion des matelas de l’hôpital !
On m’envoyait direct au placard et on me présentait ce poste fictif comme une « fonction d’avenir » !
En réalité, c’est mon chef de service qui était visé mais comme on ne pouvait pas le faire tomber lui, c’est moi qu’on a attaquée.
Le directeur l’a avoué lui-même, je fais les frais d’une rivalité entre médecins.

« Je passe ma journée seule dans un bureau sans que personne ne me parle »

Le plus dur à supporter, c’est l’indifférence de mes collègues qui ne m’ont jamais manifesté de soutien. Et celle de la hiérarchie et des autorités, parfaitement conscients de l’injustice de ma situation, mais qui préfèrent protéger l’honneur du directeur plutôt que le mien. J’ai refusé cette mutation et je me suis tournée vers le tribunal administratif qui a reconnu que cette décision était absurde. J’ai été réintégrée dans ma fonction après quatre ans d’arrêt maladie mais l’enfer continue. L’hôpital a accepté mon retour mais a exigé que je ne gère plus que des dossiers. Mon ancien chef de service, qui appréciait mon travail, m’a permis d’exercer comme avant. Mais il est mort cet été et depuis je suis mise au placard. Je passe ma journée seul dans un bureau sans que personne ne me parle. On ne me salue pas. Quand une réunion a lieu, on me laisse derrière la porte. C’est comme si je n’existais pas. Je vis un cauchemar permanent. Je me demande si je vais tenir. Et surtout s’il ne vaudrait pas mieux que je lâche prise. Je ne veux pas que ceux qui ont brisé ma carrière me « suicident » et je ne veux pas leur faire le plaisir de partir. J’essaie de rester positive mais je suis impuissante. Je ne vois pas comment les choses pourraient s’améliorer et je n’ai personne vers qui me tourner à l’hôpital.
Moi qui aimais tant mon travail, je vis cela comme un terrible échec.

L’avis de l’expert Loïc SCOARNEC, président de l’association Harcèlement Moral Stop « Le harcèlement est insidieux, il faut tout faire pour le rendre visible »

Déstabilisé, mis volontairement en situation d’échec, le harcelé a tendance à se replier sur lui-même. Il est pourtant essentiel de ne pas rester seul.
Le harcèlement est insidieux, il faut œuvrer à le rendre visible et concret. Tenez un historique de votre situation, sans accuser personne, faites un simple constat des faits et envoyez-le à votre PDG et à l’inspection du travail. Vous pouvez aussi demander à un délégué du personnel qu’il fasse usage de son droit d’alerte. Ou contacter un syndicat ou un avocat spécialisé. Sans oublier les associations. Le tout est de trouver une oreille attentive. Parler pour ne plus cultiver un sentiment de honte.
Avec la crise, le harcèlement explose. C’est souvent une façon pour les entreprises de licencier à coût zéro.

 

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