Harcèlement Moral Stop

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Le courrier Picard (18 Septembre 2009)

SAINT-QUENTIN Trois mois de prison pour l’employé de Brico Cash (par Séverine MIZERAL)

Vendredi, il avait tenté de mettre fin à ses jours dans la réserve en fonçant en voiture dans l’entrée du magasin de bricolage de Gauchy.
Mardi, il a été condamné par le tribunal.

Hier matin, dans le cadre dune comparution immédiate, le tribunal de Saint-Quentin est revenu sur les faits qui se sont déroulés vendredi après-midi au magasin Brico Cash de Gauchy.

Visage fermé. Traits tirés. Monsieur ... , 38 ans, se présente à la barre. Il écoute les faits relatés par le Président ... .Et donne posément sa version des faits.

Vendredi, il s’entretient avec un collègue d’une lettre de mise à pied qu’il vient de recevoir pour avoir brisé trois gouttières, fait qu’il conteste. Son collègue entame la lecture de celle-ci. « Là, je pète un câble », avoue t’il sans détour.

« Quand j’ai vu la police, j’ai pris peur »

Il décide alors de se suicider. Il prend des sangles et va dans une réserve du magasin. Un collègue intervient et l’emmène discuter sur le parking. A ce moment là, il voit arriver la police et les pompiers. « Quand j’ai vu la police, j’ai pris peur. Je perds le sens des réalités et je monte dans m voiture pour me foutre en l’air ».

Derrière son volant, il ne voit qu’une chose, la partie gauche du magasin : « Je sais que c’est une partie fragile. Je pensais l’atteindre et que cela s’effondre sur moi ». Sur sa trajectoire, il aperçoit une femme. Cette dame est innocente. Je dévie de ma route. Je vois les portes vitrées. Elles sont ouvertes et je ne vois aucun client derrière. Mon premier réflexe en sortant de la voiture est de vérifier que personne n’était blessé. Quand j’ai dévié, je me suis dit « je suis en train de faire le con ».

Pour le président, « l’enchaînement des faits peut s’expliquer, mais pourquoi prendre un risque phénoménal et voir des personnes être blessées ou tuées ? »
A cette question, le prévenu n’a qu’un propos à asséner : « C’est parti comme ça. Si j’avais voulu faire un carnage, j’aurais fait un tout droit dans le magasin ».

La voiture devient une arme

Monsieur ... , qui représente l’enseigne, attaque d’emblée en rappelant qu’il ne faut pas se tromper de procès, ni faire celui du harcèlement moral : « Nous sommes face à un homme qui a délibérément pris son véhicule comme une arme avec des conséquences heureusement uniquement matérielles »

Le procureur ... commence ses propos par les mêmes que Me ... et rappelle qu’en cas de difficulté avec son employeur, le conseil des Prud’hommes existe. « Le risque est intolérable. On peut attenter à sa vie, mais quand on prend sa voiture, stop ! »

« Manque de reconnaissance »

Pour Me ... , conseil du prévenu, ce dossier cache derrière lui un fait de société. « On est face à quelqu’un d’investi, de surinvesti, qu’on prend, qu’on jette, qui n’a pas de reconnaissance et qui n’a pas d’existence en tant que salarié, mais juste en tant que force de travail ».

Il est condamné à une peine d’un an de prison dont neuf mois assortis du sursis, avec mise à l’épreuve, avec obligation de soins et d’indemniser la victime. Une décision dont il ne devrait pas faire appel, selon son avocat.

Le soulagement du prévenu vient surtout du fait que la demande de mandat de dépôt n’ait pas été suivie par le tribunal. Une liberté qui valut une embrassade avec son avocat à la sortie de l’audience.

 

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